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L’évolution macro-systémique de la civilisation industrielle.

Quelle sorte de système est la civilisation industrielle ? Voilà la question à laquelle tout analyste désireux de comprendre les causes profondes ayant abouti à la récession mondiale déclenchée en 2008 devrait essayer de répondre avant d’aller plus loin…

La nature produit couramment des systèmes (physiques, chimiques, biologiques, …) dans lesquels divers mécanismes (rétroactions positives entre diverses composantes produisant des effets de synergie) génèrent et perpétuent temporairement (sur des échelles de temps très diverses) des phénomènes dynamiques auto-amplifiés conduisant ces systèmes à puiser sur leur environnement des quantités croissantes d’énergie (mesurées par unité de temps appropriée à chacun des cas étudiés).
Les sources d’énergie alimentant de tels systèmes sont généralement limitées ou temporaires, de sorte que l’amplification ne peut pas se poursuivre éternellement. A un moment donné, les phénomènes amplificateurs rencontrent leurs limites et ces systèmes s’anéantissent lorsque les sources qui les nourrissent s’épuisent ou disparaissent.

Un cyclone est un tel système (évoluant à l’échelle de temps de quelques jours) : il naît et s’alimente à la surface des eaux chaudes des océans équatoriaux ou tropicaux, gagne en intensité, se stabilise, fluctue et s’effondre finalement après avoir atteint quelque côte continentale, dissipant son énergie et n’étant plus alimenté.
Un nuage de criquets pèlerins en est un autre (évoluant à l’échelle de temps de quelques semaines). Après avoir émergé et s’être amplifié au détriment des cultures agricoles, l’essaim atteint sa taille maximale et les individus qui le composent meurent finalement de faim lorsque tous les champs disponibles ont été dévastés.

Il me semble que la civilisation industrielle peut être classée dans cette même catégorie de systèmes (évoluant à l’échelle de temps des décennies, et bien sûr bien plus sophistiquée qu’un cyclone ou un essaim de criquets migrateurs). Née en Occident vers la fin du siècle des lumières (le 18ème), cette civilisation extraordinaire a pris son essor vers 1860, tirant parti de la capacité (nouvellement acquise) de produire et utiliser de l’énergie à partir des combustibles fossiles.
Aujourd’hui, quinze décennies plus tard, s’étant étendue sur la plupart des régions de la Terre, elle se situe encore sur le versant ascendant de son évolution – l’énergie étant encore puisée sur l’environnement en quantités annuelles croissantes. Mais la récession actuelle semble indiquer que le sommet entrevu n’est plus très éloigné.

Les mécanismes amplificateurs pilotant cette ascension proviennent d’un ensemble très complexe d’interactions synergiques reliant les unes aux autres, dans toutes les directions, les quatre principales composantes macro-systémiques impliquées lorsqu’on considère l’évolution du système global (à l’échelle mondiale) :
-> les ressources alimentant le système, incluant les sources d’énergie (essentiellement les combustibles fossiles) ;
-> l’économie réelle soutenue par ces ressources ;
-> la population globale soutenue par une telle économie réelle ;
-> le réseau financier gouvernant les mécanismes d’échanges entre les innombrables composantes micro-systémiques évoluant au sein du système global.

La croissance générale résultant d’une telle amplification a été principalement alimentée, jusqu’à présent, par la capacité du système à produire des quantités annuelles d’énergie croissant d’année en année, ainsi que le montre le graphe ci-dessous [1] :

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Trois périodes successives se distinguent sur cette courbe. Les valeurs calculées sont approximatives en raison de la faible résolution du graphique et du degré d’incertitude des données. Mais le manque de précision est sans importance par rapport au propos du présent article (essentiellement qualitatif et descriptif).

1. De 1860 à 1900, la civilisation industrielle « nouvelle-née » a puisé presque toute son énergie sur les gisements de charbon. Evaluée à environ 0,1 Gtep en 1860, sa production annuelle d’énergie s’est accrûe lentement au taux linéaire de 0,0075 Gtep/an, atteignant finalement 0,4 Gtep vers 1900.

[1 Gtep = 1 000 000 000 tep = 1 milliard de tonne d'équivalent pétrole].

2. Entre 1900 et 1940, la civilisation « mûrissante » commença à puiser de plus en plus sur le pétrole, le gaz naturel et le potentiel hydraulique, mais le charbon demeura la source dominante. Avec un taux de croissance linéaire moyen de 0,03 Gtep/an (quatre fois plus que pendant les quatre décennies précédentes), la production atteignit 1,5 Gtep en 1940 (trois à quatre fois plus qu’en 1900), stagnant ensuite au voisinage de ce niveau de 1940 à 1945 (Seconde Guerre Mondiale).

3. Après la guerre, cette production repartit à la hausse beaucoup plus vigoureusement qu’auparavant, croissant au rythme linéaire moyen de 0,15 Gtep/an tout au long de la période 1945 - 2000 (environ cinq fois plus rapide que pendant la période 1900 - 1940 et vingt fois plus rapide que pendant la période 1860 - 1900).
Vers 1962, le pétrole commença à devenir la source d’énergie dominante.
L’énergie nucléaire émergea de manière significative vers 1973.
En 2000, la production annuelle globale de 9,5 Gtep se répartissait dans l’ordre suivant : pétrole (3,7 Gtep) ; charbon (2,3 Gtep) ; gaz naturel (2 Gtep) ; nucléaire (0,75 Gtep) ; renouvelables, incluant hydraulique (0,75 Gtep).

Déviant quelque peu par rapport aux tendances linéaires moyennes, nous remarquons :
-> la forte inflexion vers le bas observée entre 1929 et 1934 (la Grande Dépression), compensée par le retour d’une forte croissance au cours des quatre années précédant la Seconde Guerre Mondiale ;
-> la portion de courbe d’allure exponentielle s’étendant de 1945 à environ 1970 (les Trente Glorieuses) ;
-> les ralentissements et rebonds des années 1970, 1980 et 1990, en relation avec les chocs pétroliers.

L’allure exponentielle observée entre 1945 et 1970 s’explique par le fait que la civilisation industrielle (désormais devenue « mature ») a été en mesure de produire de l’énergie à faible coût et de la vendre à bas prix (ainsi que le montre un graphe publié par Wikipedia) tout en demeurant capable, simultanément, de satisfaire une demande croissant exponentiellement.
Une telle évolution (pendant les Trente Glorieuses) s’effectua grâce au développement de très fortes interactions synergiques ayant simultanément entraîné les croissances parallèles rapides des trois autres grandeurs macro-systémiques impliquées : la population mondiale, le produit intérieur brut mondial et le montant total des valeurs capitalisées comptabilisées par le réseau financier mondial [2].
L’émergence de nouveaux marchés en état de forte expansion permit à un nombre toujours plus grand d’entrepreneurs d’emprunter de l’argent aux banques, lancer des projets à rentabilité forte et rapide, rembourser leurs dettes (+ intérêts), payer des taxes et réinvestir une partie de leurs bénéfices de manière à accroître leur capital, contribuant de cette manière à la perpétuation de la croissance générale.
En raison du fait qu’une quantité d’argent de plus en plus grande fut créée à l’actif du réseau financier par création de dettes au passif d’emprunteurs solvables, de plus en plus de gens purent bénéficier de tout cet argent nouvellement créé et mis en circulation.
De telles conditions permirent aux démocraties libérales du monde dit « développé » (ou premier monde) de prospérer et consolider leur viabilité. La capacité de leurs dirigeants à être élus et réélus devint de plus en plus fondée sur leur capacité et/ou l’opportunité de stimuler (et/ou tirer parti de) la perpétuation d’une croissance rapide.

Les Trente Glorieuses prirent fin en 1974, avec le premier choc pétrolier. Mon analyse de l’évolution macro-systémique de la civilisation industrielle au-delà de cette date (et jusqu’à avril 2009) m’a récemment conduit à distinguer trois phases successives :

1. De 1974 à environ 2004, la plupart de l’énergie est demeurée produite à faible coût et capable de satisfaire une demande croissante (prolongeant le taux linéaire moyen de 0,15 Gtep/an précédemment établi) mais les prix de vente de l’énergie primaire sur les marchés ont connu quelques hausses rapides temporairement maintenues (sous l’effet de causes géopolitiques) généralement suivies, après un certain temps, par des retour à des prix bas. De telles variations s’effectuèrent parallèlement à des ralentissements et rebonds économiques corrélés, ainsi que le montre le graphe ci-dessous [3] :


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2. Après 2004, la production mondiale annuelle d’énergie dépassa un niveau au-delà duquel la civilisation industrielle perdit sa capacité de pouvoir satisfaire une demande fortement croissante (désormais tirée vers le haut par les nations dites « émergentes ». En conséquence, les prix de vente de l’énergie augmentèrent considérablement (cette fois-ci sous les effets combinés du jeu classique offre-demande et de la spéculation), ainsi que le montre le graphe ci-dessous, représentant l’évolution du prix du brut de 1999 à 2008 [4] :

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Au début, personne n’y prêta grande attention, de sorte que la croissance se poursuivit comme d’habitude, continuant sur sa lancée, avec l’aide de la dérégulation des marchés et la bénédiction de chefs d’états quelque peu inquiets de ces augmentations mais cependant ravis de constater que la croissance se poursuivait.
La grande différence entre le prix de vente élevé et le faible coût moyen de production généra d’énormes bénéfices. Une partie importante de ces bénéfices alimenta la croissance numérique de diverses populations, leur permettant d’acheter des biens de consommation et de soutenir ainsi la croissance économique. Une deuxième partie permit à de riches élites dirigeantes de créer et acquérir de nouveaux capitaux à rentabilité rapide. Une troisième partie fut investie dans des projets visant à produire de l’énergie coûteuse (renouvelables, sables asphaltiques, schistes bitumineux, pétrole profond), contribuant à soutenir la croissance de la production d’énergie.
Beaucoup d’autres projets furent entrepris, financés avec une forte proportion d’argent emprunté, sans que soient pris en compte les risques susceptibles de surgir soudainement sous l’effet de prix de l’énergie devenant très élevés et/ou d’une récession profonde s’installant subitement, créant de cette manière de gigantesques bulles financières susceptibles d’imploser [5] sous l’effet de dépréciations de capitaux, surendettement, faillites, projets avortés avant achèvement, etc.

3. Un fait nouveau se produisit en juillet 2008 : les cours du pétrole brut dépassèrent un certain seuil au-delà duquel un « retour de manivelle » inattendu fut déclenché.
Alors la demande énergétique et la consommation des ménages se réduisirent considérablement, provoquant une diminution forte et rapide de ces cours (en seulement quelques mois), abruptement diminuant la croissance dans certains pays et la renversant en contraction dans d’autres.
Par conséquent, du fait que les risques imprudemment négligés se concrétisèrent, de nombreuses bulles financières implosèrent [5] et une grande partie des valeurs capitalisées dans ces bulles disparurent. Un sévère resserrement de crédit succéda à une politique laxiste de prêts trop facilement accordés. Les marchés devinrent extrêmement volatiles et imprévisibles, obligeant les états à réagir contre les effets pervers d’un capitalisme débridé et prendre des mesures d’urgence afin d’éviter un effondrement prématuré du réseau financier global.

Il semble maintenant que la production mondiale annuelle d’énergie ne sera plus capable de se prolonger au taux linéaire moyen de 0,15 Gtep/an observé de 1945 à juillet 2008. La tendance moyenne qui suivra dessinera très probablement une courbe s’infléchissant vers le bas, passant par un sommet (Peak Energy) puis déclinant irrémédiablement, sous les effets combinés de la déplétion des ressources accessibles et exploitables à des coûts non prohibitifs [6], de la forte réduction de la capacité de créer toujours plus d’argent mis en circulation en créant toujours plus de dettes (à l’actif du réseau financier et au passif d’emprunteurs solvables) et de la forte réduction des capacités d’investissements, chacun de ces trois effets renforçant les deux autres.

Il est difficile d’évaluer si l’inflexion conduisant au sommet évoluera à l’échelle de temps des années ou à l’échelle de temps des mois, étant donné que cette évolution dépend en grande partie d’événements impondérables qui peuvent arriver ou ne pas arriver (contingence de l’histoire). Habitués depuis six décennies à résoudre les problèmes par la perpétuation de la croissance économique, les dirigeants du monde vont devenir de plus en plus impuissants [7] au fur et à mesure que la récession s’approfondit. Toutes sortes d’événements peuvent se déclencher et se précipiter sous l’effet de la combinaison
-> d’une part de révoltes sociales enracinées dans la désespérance et
-> d’autre part, de l’incompréhension générale du fait que des dirigeants désormais impuissants ne peuvent pas délivrer ce qu’ils n’ont pas.

Et il est impossible de prédire si l’effondrement systémique qui suivra ce sommet s’effectuera à l’échelle de temps des décennies ou à l’échelle de temps des années, car il dépend essentiellement des enchaînements impondérables qui se produiront au cours du déroulement du fil de notre histoire. Nous pouvons en effet entrevoir d’innombrables scénarios physiquement possibles, c’est-à-dire compatibles avec des réalités incontournables que beaucoup de nos contemporains (incluant apparemment les dirigeants du monde et la plupart des organismes d’information) préfèrent encore ignorer ou nier. Mais l’histoire (contingente) ne déroulera qu’un seul d’entre eux.

__________

Références et annotations :

[1] Biomasse exclue. Source des courbes : Manicore. Données : Schilling & Al. (1977), IEA (2002), Observatoire de l'Energie (1997). Reproduit par le magazine scientifique La Recherche (N° 415 – Janvier 2008 – cahier spécial, Objectif Terre). Mis à jour sur diverses pages WEB. Source du graphe : La montée en puissance de la civilisation industrielle.

[2] Les évolutions parallèles de la production annuelle d’énergie et de la population mondiale sont clairement mises en évidence sur le graphe « Energie et Population »

[3] Source du graphe : « What's the Real Cause of the Global Recession ? », par Jeff Rubin and Peter Buchanan.

[4] Source du graphe : « Crude Oil Prices from 1999 to 2008 ». Annotations par rapport à l’article « A Recent History of Oil Prices » (Chris Rhodes).

[5] J’entends souvent dire qu’une bulle financière éclate, mais il me paraît plus approprié de dire qu’elle implose. Selon ma propre représentation, une bulle financière est « maintenue sous pression » lorsque le montant total des capitaux qu’elle comptabilise augmente au cours du temps. Elle devient « en état de dépression » lorsque ce montant total décroît. Elle « implose » si de nombreuses valeurs de capitaux disparaissent (faillites) ou deviennent fortement dépréciées.

[6] Le caractère d’accessibilité et la capacité d’exploiter des ressources varient, dépendant de nombreux facteurs conjoncturels tels que les cours sur les marchés, des considérations géopolitiques, des considérations écologiques et probablement bien d’autres facteurs qui se révèleront dans l’avenir.

[7] Les modes de gouvernements du monde changeront-ils de nature lorsqu’il qu’il apparaîtra de plus en plus clairement qu’il n’est plus possible de perpétuer la croissance économique ? Il ne me paraît pas possible, actuellement, de lancer et entretenir un débat serein sur un tel sujet. Or il serait pourtant souhaitable d'y parvenir.

Lecture complémentaire :

Le point de vue exprimé dans cet article (en ce qui concerne les causes de la crise économique déclenchée en 2008) est développé de manière beaucoup plus détaillée dans un article de Richard Heinberg publié en octobre 2009 sur la page WEB

http://www.voltairenet.org/article161915.html

(initialement publié en anglais, août 2009, par voltairenet.org)

A l'époque, c'est surtout

A l'époque, c'est surtout l'analyse de l'individuation et de l'éclatement des solidarités de classe au profit d'une "lutte de classe des risques" qui a été au coeur des débats politiques et de l'inscription de la "société du risque" dans l'élaboration d'une "troisième voie" marquée par une certaine impuissance politique, à la suite de Bell et Giddens, bien que dans une version plus progressiste sans doute. Cet aspect de la polémique a beaucoup perdu de son importance, par le triomphe de ces thèses depuis la faillite de l'URSS, tant l'individuation s'est encore accélérée au détriment des solidarités de classe. Le thème de la répartition des risques, où les seules solidarités restantes sont territoriales face à un risque menaçant toute la population locale, a trouvé aussi ses limites qui sont celles d'une sociologie géographique, bien que ce soit un réel problème à certains endroits, comme à Toulouse by domain name registration

Les crises successives de

Les crises successives de l'énergie ont révélé de manière soudaine et même dramatique l'aspect "physique" de la société humaine. Car rien n'échappe aux lois implacables de la thermodynamique. La société humaine, comme toute machine ou tout organisme, y est rigoureusement soumise. Les économistes le découvrent avec, semble-t-il, quelque surprise et non sans un certain retard sur les biologistes et les écologistes.

Il y a en effet peu de temps que l'on dispose des éléments nécessaires pour envisager dans son ensemble la circulation et la dégradation de l'énergie dans le société humaine. C'est-à-dire le métabolisme de l'organisme social, sa fonction principale d'autoconservation. Observer ce métabolisme "au macroscope" fait apparaître les grandes lignes d'un fonctionnement invisible "de l'intérieur" website hosting.

A travers la relation entre "anatomie" et "physiologie" de la société, apparaît au grand jour la liaison longtemps insoupçonnée entre énergie, économie, écologie et entropie. Liaison qui, non seulement révèle les causes possibles des maladies de l'organisme social, mais qui suggère également les types de "remèdes" que l'on pourrait administrer à un système dont dépend, en retour, la vie de chacun d'entre nous.

Il a fallu un certain nombre d'années aux biologistes pour parvenir à une vision globale du flux de l'énergie dans les systèmes vivants, et pour créer la discipline nouvelle que nous appelons aujourd'hui la bio-énergétique . La plupart des livres de biochimie à l'usage des étudiants en médecine ont conservé l'approche analytique décrivant en détail les fonctions de familles de molécules, plutôt que l'approche systémique considérant le fonctionnement global de la cellule windows backup software.

La situation est encore pire quand on considère l'écosphère dans son ensemble. Jusqu'à maintenant seule l'approche analytique, fragmentaire, a prévalu. C'est pourquoi, en prolongement de la bio-énergétique, je propose le terme d'éco-énergétique pour manifester la nécessité d'une approche globale consacrée à l'étude de la régulation du flux d'énergie dans la société data recovery.

Evolution Macro -systémique d'une civilisation. industrielle

André SAUTOU ecrit :
"""
La nature produit couramment des systèmes (physiques, chimiques, biologiques, …) dans lesquels divers mécanismes (rétroactions positives entre diverses composantes produisant des effets de synergie) génèrent et perpétuent temporairement (sur des échelles de temps très diverses) des phénomènes dynamiques auto-amplifiés conduisant ces systèmes à puiser sur leur environnement des quantités croissantes d’énergie (mesurées par unité de temps appropriée à chacun des cas étudiés).
""""
C'est une bonne definition de la théorie du chaos . Les systèmes naturels sont tous complexes et leur modélisation necessiterait des equa differentielles .
Il est interessant de noter que la solution systématique naturelle pour une augmentation de taille d'un système est toujours la scissiparité et jamais le gigantisme (sauf a échouer rapidement).
L'etre humain , pour sortir de son système naturel "archaique", tente le gigantisme . Bien sur pour des raisons d'économie d'echelle et d'immédiate productivité . Conserver la complexité initiale ne lui est pas accessible , il maitrise tres mal les equa diff . Il adopte donc un nouvel outil de gestion "simplifié", linéaire lui , en élaguant tout ce qui gène ds la modélisation .
Le problème , a mon avis , provient que la complexité archaique (Chaotique), si elle est inateignable au delà de son "temps caractéristique" est d'une hyper stabilité pour ses solutions a terme (attracteurs parfois étranges) .
Le fait de choisir une gestion linéaire simplifiée fragilise le système qui diverge ses solutions a la moindre perturbation .

Tous les systèmes naturels sont auto-controlés; auto-organisés (voir prigogines) , jamais centralisés ;ils sont toujours fractals ou parcellisés , leur gestion n'est jamais linéaire /centrale

E. MORIN ds Paradigme perdu (je crois),nous donne cette phrase admirable qui résume le problème de l'arrogance humaine :
""""dans un système naturel , le "bruit" est constituant du signal. Dans un système humain (technologique /économique) , le "Bruit" est perturbateur , voire destructeur du signal """"""

Je n'ai pas de solution pour réinjecter de la complexité ds les gestions actuelles .
L'exemple du rond point est significatif . Fortuitement , on s'est aperçu qu'un rond point gérait plus de flux de véhicules que le meilleurs feux rouge , aussi informatisé/radarisé/cameratisé fut il . En fait on se sert de la capacité du cerveau a gerer la complexité et de ce fait on réinjecte cette complexité ds le système .

Le huitième jour de la création

La réalité des activités humaines est composée « d’une part d’un stock de combustibles fossiles, de minerais, d’eau, d’air, de terres arables ; d’autre part un flux constitué uniquement d’énergie solaire à l’exclusion de toute matière. L’un est le capital ; l’autre le revenu. En principe l’entreprise constituée par l’espèce humaine ne pourrait utiliser son capital que pour s’équiper afin de mieux capter son revenu. (…..) (….)La plus grosse partie sert à faire rouler des voitures, à chauffer des appartements, fabriquer des boites de conserve. Nous mangeons notre capital de basse entropie et nous le mangeons de plus en plus vite lorsque le produit national augmente.
Il n’y a aucun économiste sensé qui oserait donner à une entreprise industrielle ou commerciale le conseil de se contenter de manger son capital sans se soucier de se créer un revenu sous le prétexte que le capital de l’entreprise est grand au point d’être mal comptabilisé. Il aurait encore moins l’idée saugrenue de mesurer le progrès de l’entreprise au rythme croissant auquel elle dévore son capital. Il n’y a cependant pas beaucoup d’économistes qui aient le courage de donner à l’entreprise Terre les mêmes conseils judicieux que ceux qu’ils prodiguent à toutes les autres entreprises » (J.Neirynck, « Le huitième jour de la création »)

http://ploutopia.over-blog.com/

Crise économique et ressources naturelles

J'ai déjà vu d'autres ailleurs cette thèse du "retour de manivelle" qui veut que la récession ait été déclenchée par une augmentation du prix des ressources énergétiques.

Jean Marc Jancovici est très clair dans cette vidéo : http://www.spie.com/index.php?id=1316 (vers 2'35")
"il s'est passé que le prix du baril est monté suffisamment haut pour provoquer une récession. Cette récession à provoqué une crise financière majeure. C'est bien dans ce sens là que les choses se sont passées."

Yves Cochet est moins direct, mais relie fortement économie et déplétion des ressources naturelles : http://www.eco-echos.com/dotclear/index.php?2008/10/17/361-discours-de-y...
"La débâcle financière actuelle n’est pas d’abord, comme on l’entend ici ou là, une crise de liquidité. C’est une crise de surgonflement des actifs financiers par rapport à la richesse réelle .../... La croissance de l’économie réelle est désormais fortement contrainte par la raréfaction des ressources naturelles qui forment la base de tous les systèmes de sustentation de la vie économique et sociale."

Similitudes :

Il n’y a rien d’étonnant à ce que vous ayez constaté des similitudes entre mes propos et ceux de Jean-Marc Jancovici ou ceux d’Yves Cochet. Le site Manicore (dont l’auteur est précisément J. M. Jancovici) et le site d’Yves Cochet constituent deux des références principales ayant nourri mes propres réflexions par rapport au sujet du présent article.

J’ai regardé avec intérêt les deux discours que vous proposez. La présentation très succincte que vous en faites en dégage bien l’essentiel.

L’attitude du gouvernement et des députés français vis-à-vis d’Yves Cochet est très représentative de l’attitude générale du monde politique vis à vis de tout discours s’efforçant de montrer que la capacité de poursuivre la croissance est désormais devenue contrainte par la déplétion des ressources qui l’alimentent et que cette contrainte s’accentuera d’année en année.
Ce monde refuse catégoriquement d’entendre un tel discours. Les dirigeants du G20 préfèrent croire, faire croire et/ou laisser croire que les causes de la crise globale actuelle se situent exclusivement dans le domaine de la finance et que les plans de relance assortis d’injections massives de capitaux dans le système bancaire permettront de retrouver la croissance perdue.

Il faut donc s’attendre à lire ou entendre de plus en plus souvent (dans les journaux ou sur les ondes) des nouvelles telles que celles-ci : «La récession est plus grave que prévu», «Le retour de la croissance sera plus lent que prévu, etc.

[Le style médiatique «... plus ... que prévu» (récemment apparu dans le contexte de prévisions résultant d'analyses mal fondées) a de l'avenir devant lui.]

Mais, au fait, de quelles prévisions s’agit-il ? Sûrement pas de celles d’Yves Cochet, que ses collègues écoutent avec un sourire en coin, haussant les épaules, pensant «on sait d’avance ce qu’il va dire» et l’observant comme s’il était un extra-terrestre.

conjugaison des temps

J'ai appris à l'école que le passé se conjugue quelquefois au plus-que-parfait mais je découvre aujourd'hui que l’avenir se conjugue de plus en plus souvent au "....plus...que prévu".

Douteux.

Un fait nouveau se produisit en juillet 2008 : les cours du pétrole brut dépassèrent un certain seuil au-delà duquel un « retour de manivelle » inattendu fut déclenché.
Alors la demande énergétique et la consommation des ménages se réduisirent considérablement, provoquant une diminution forte et rapide de ces cours (en seulement quelques mois), abruptement diminuant la croissance dans certains pays et la renversant en contraction dans d’autres.

Cela ne correspond pas à ce qui s'est passé.
Les prix de l'immobilier américain ont commencé à s'orienter à la baisse à partir de 2006. C'est à cette même période que la crise des subprimes a fait son apparition. Elle s'est développer lors de l'année 2007 jusqu'à ébranler l'économie au début de 2008 avec la quasi-faillite de Bear Stearns, pour ensuite atteindre son paroxysme avec la chute de Lehman Brothers.
Encore une fois, la crise est partie du secteur bancaire, et non des secteurs directement tributaires des prix du pétrole.

La récession s'est déclenchée vers la fin de l'été 2008

La crise des subprimes apparue vers 2006 et développée en 2007 s’inscrit, selon mon point de vue, dans le cadre de la création de bulles financières accompagnant un état de forte croissance (lequel s’est poursuivi jusqu’en juillet 2008) et fabriquant une « bombe implosive à retardement » prête à imploser dès le début du premier ralentissement économique venu, contribuant alors, à partir d’un certain seuil, au déclenchement, à l’amplification et à l’exacerbation de ce ralentissement, et s’imbriquant avec lui de telle sorte qu’il devient difficile de discerner clairement les causes et les conséquences de la crise globale perçue.

La récession mondiale que nous connaissons aujourd’hui s’est déclenchée vers la fin de l’été 2008, peu de temps après qu’ait été atteint le record historique de $147 par baril, mettant fin à l’état de forte croissance économique. Je ne pense pas qu’il s’agit d’une simple coïncidence, il me semble qu’il s’agit du facteur déclenchant principal ou, du moins, de l’un des facteurs principaux.

Et je crois aussi, comme Colin Campbell, que cette récession est bien plus profonde que chacun des ralentissement observés au cours des dernières décennies passées, les perspectives de retour d’une croissance durable étant désormais à peu près nulles. «Le gouvernement [US] n’a de toute évidence pas compris les causes profondes de la récession et espère que les injections massives d’argent dans le système financier restaureront l’état précédent, écrit Colin Campbell … Mais si un tel retour se produit, il entraînera une croissance de la demande de pétrole, de sorte que les prix s’envoleront de nouveau. Il sera peut-être nécessaire que plusieurs cycles vicieux de ce genre se produisent avant que les gouvernements (et, plus important, la majorité des gens) commencent à réaliser la gravité de la situation, laquelle entraînera des changements radicaux au niveau de la condition humaine»
[Traduction d’un extrait de la newsletter ASPO Décembre 2008].

Corrélation illusoire.

Ce n'est pas parce que deux choses se suivent que nécessairement l'une et la cause de l'autre.
Il apparaît que la crise économique que nous connaissons a éclaté en décembre 2007 : http://wwwdev.nber.org/cycles/dec2008.html. Soit avant l'envolée délirante des prix du pétrole lors du premier semestre 2008 et le sommet de Juillet 2008. C'est à partir de Septembre 2008 que la crise financière a atteint son maximum(pour l'instant...) et dans les semaines qui ont suivi que la crise économique s'est considérablement aggravée. Tout cette phase de fin 2008 s'est produite alors que les prix du pétrole étaient fortement orientés à la baisse.

La crise des subprimes apparue vers 2006 et développée en 2007 s’inscrit, selon mon point de vue, dans le cadre de la création de bulles financières accompagnant un état de forte croissance

Les trente glorieuses ont connu une forte croissance mais pas de bulles financières.

Grand merci pour votre lien,

Grand merci pour votre lien, il m’apporte une information intéressante en ce qui concerne le début exact de la récession aux USA. Je la prendrai en compte dans la suite de mes analyses.

Je vous précise toutefois que l’objet considéré dans mon commentaire précédent concerne la récession observée au niveau mondial, déclenchée (à ma connaissance) en septembre 2008.
«Le marché financier global a changé davantage au cours des dix derniers jours écoulés qu’au cours des 70 années précédentes», écrivait peu de temps après ce déclenchement, dans le Financial Times, un banquier spécialiste en investissements.

La période des Trente Glorieuses et la période 2004 - juillet 2008 se situent à deux niveaux très différents de l’histoire évolutive de la civilisation industrielle, de sorte que la comparaison entre les états de croissance de l’une et de l’autre n’ont pas beaucoup de sens.
La première de ces deux périodes était encore très éloignée de Peak Oil, le pétrole étant produit à faible coût, vendu à bas prix et capable de satisfaire une demande croissant exponentiellement. Conditions idéales par rapport au maintien d'une croissance saine durable.
La deuxième s’est située au contraire tout près de Peak Oil, la croissance de l’offre commençant à être insuffisante par rapport à la croissance de la demande. Cette nouvelle situation a entraîné un cours du brut très élevé (jeu classique offre-demande + spéculation) alors que le coût moyen de production était encore faible. Ce faible coût a permis le maintien temporaire d’une forte croissance (jusqu’en juillet 2008 au niveau mondial), mais celle-ci était plutôt malsaine en raison du fait que la forte différence entre le prix de vente et le coût de production a généré d’énormes bénéfices et de la spéculation à grande échelle dans le cadre d’un capitalisme devenu débridé, générant des conditions propices à la création de bulles financières.

Confirmation de mon commentaire précédent.

Voici un extrait du n° 36 de «Repères», rédigé le 24.03.2009, édité par la Banque Postale, représentatif de la perception assez généralement admise en ce qui concerne la date de déclenchement (ou enclenchement) de la récession mondiale :

«Dans les pays développés, la sévère récession enclenchée fin 2008 s’est poursuivie en début d’année […]. De leur côté, les pays émergents ou en développement, touchés plus tardivement mais très brutalement par la crise, sont entrés selon les cas dans une franche récession ou un net ralentissement

Aha?

Ce n'est pas vrai... Comment peut il dire qc. comme ca sans refléchir.

Klaas Verhouding

Rectification :

Voulez-vous dire que les analystes de la Banque Postale écrivent sans réfléchir ?

Précisions.

La bulle spéculative dans l'immobilier s'est enclenchée bien avant la hausse du baril:
http://www.myprops.org/viewimage/?i=1101_1200%2FtLdGAZ15_o&d=%2Fcontent%...

C'est assez clair que cette hausse de l'immobilier n'a pas pour cause la hausse du baril.
Elle s'est accélérée lorsque la fed a baissé ses taux(taux d'intérêts faibles donc emprunts facilités).

L'endettement des ménages aux USA commence à enfler, lui, dans les années 80.

Je suis évidemment d’accord

Je suis évidemment d’accord avec ces affirmations, étant donné qu’elle sont implicitement incluses dans le paragraphe suivant de mon article (concernant la période 2004 - juillet 2008) :

«Beaucoup d’autres projets furent entrepris, financés avec une forte proportion d’argent emprunté, sans que soient pris en compte les risques susceptibles de surgir soudainement sous l’effet de prix de l’énergie devenant très élevés et/ou d’une récession profonde s’installant subitement, créant de cette manière de gigantesques bulles financières susceptibles d’imploser sous l’effet de dépréciations de capitaux, surendettement, faillites, projets avortés avant achèvement, etc.»

Débutée effectivement avant que le prix du baril commence à s’élever, la politique laxiste d’accord de crédit sans prise en compte des risques ci-dessus mentionnés n’a pas été interrompue pour autant lorsque la tendance à la hausse a commencé (vers 2004). Elle s’est au contraire amplifiée, à un moment particulièrement critique (l’approche de Peak Oil) susceptible de faire imploser des bulles qui seraient normalement demeurées «en état de pression», donc passant inaperçues, dans les contextes antérieurement connus.

Pas convaincu.

des bulles qui seraient normalement demeurées «en état de pression», donc passant inaperçues, dans les contextes antérieurement connus.

Les arbres ne montent pas au ciel comme le dit la formule consacrée

Précision :

Je m’aperçois effectivement que je n’ai pas été assez précis. Excusez-moi.

J’aurais dû écrire « même des bulles qui seraient normalement demeurées «en état de pression», donc passant inaperçues, dans les contextes antérieurement connus ». Le mot «même» était implicite dans mon esprit, mais je comprends fort bien, à la suite de votre réaction, qu’il est nécessaire de l’ajouter par rapport à la compréhension des lecteurs.

En ce qui concerne les bulles immobilières sur lesquelles vous êtes focalisé, il me paraît vraisemblable qu’elles auraient implosé de toute façon. Mais je crois toutefois que la contrainte nouvelle exercée sur la poursuite de la croissance, à l'approche de Peak Oil, a probablement accentué la gravité de l’implosion.

J'emploie le mot "bulle" avec l'acception précisée dans mes annotations, qui n'est pas forcément la même que la vôtre (ce que semble indiquer votre comparaison avec un arbre). De nombreux malentendus s'expliquent très souvent par des différences d'acception.

Précision complémentaire :

La phrase métaphorique «Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel» doit plutôt être adressée aux adeptes inconditionnels de la croissance perpétuelle.

confirmation d'hypothèse

Cet article est un exemple éclatant du biais de confirmation d'hypothèse : l'auteur nous assène tout une série de faits qui sont supposés démontrer sa thèse, à savoir l'effondrement prochain de la "civilisation industrielle" du fait du plafonnement de la production énergétique et du renchérissement de son prix.

On ne sait pas ce qu'est la "civilisation industrielle" : la France de 1909 n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui, pourtant selon l'auteur elle relève de la même civilisation, même si entretemps les empires coloniaux se sont effondrés, l'activité économique s'est déplacés de l'agriculture vers les services et la valeur du capital immobilier français devenu bien supérieur à la capitalisation totale des entreprises industrielles.

Bien sûr que le monde change ! Comme il a toujours changé, mais la variable énergétique n'est qu'une variable parmi des centaines d'autres qui régit le complexe système mondial. On n'explique ni la santé ni l'avenir d'un enfant en se contentant de mesurer son taux de globules rouges, même si ce dernier est une paramètre vital important.

Rectification

Je ne suis pas l’auteur de la thèse que vous mentionnez, selon laquelle la durée de vie de la civilisation industrielle sera de l’ordre de un ou deux siècles (durée élastique en fonction de la définition exacte conventionnellement adoptée). Henri Adams l’avait déjà anticipée en 1893, et bien d’autres l’ont ensuite mise à jour, entre autres l’astrophysicien Fred Hoyle. La plus récente mise à jour est celle de Richard Duncan, intitulée «Théorie d’Olduvaï ».

Après avoir longuement réfléchi sur ce sujet et observé l’évolution du monde humain, j’ai conclu que l’histoire confirmerait vraisemblablement la validité de cette thèse. Je ne vois pas très bien, en effet, comment les infrastructures de plus en plus gigantesques développées au cours de la phase ascendante de cette civilisation (jusqu’au pic de production énergétique) pourront être maintenues lorsque la production annuelle d’énergie (grandeur mesurant la puissance globale de la civilisation industrielle) aura commencé à décliner durablement d’année en année.

Concernant votre affirmation «la France de 1909 n'avait rien à voir avec celle d'aujourd'hui, pourtant selon l'auteur elle relève de la même civilisation», je ne crois pas être le seul à penser que la France d’aujourd’hui n’existerait pas si celle de 1909 n’avait pas existé, et à considérer que ces deux états de la France constituent tout simplement deux niveaux différents d’évolution historique d’un même objet, relevant d’une même civilisation. Et je vous précise en outre que vous êtes sorti du sujet de mon article, lequel concerne l’évolution globale du monde humain considéré au niveau mondial.

TOUTES les civilisations sont condamnées au départ

«Après avoir longuement réfléchi sur ce sujet et observé l’évolution du monde humain, j’ai conclu que l’histoire confirmerait vraisemblablement la validité de cette thèse. Je ne vois pas très bien, en effet, comment les infrastructures de plus en plus gigantesques développées au cours de la phase ascendante de cette civilisation (jusqu’au pic de production énergétique) pourront être maintenues lorsque la production annuelle d’énergie (grandeur mesurant la puissance globale de la civilisation industrielle) aura commencé à décliner durablement d’année en année.»

Exactement! Et cela proviens du fait que les «solutions» qu'apporte le civilisationisme à TOUT les problèmes qu'il rencontre passe par un accroisement du niveau de complexité de sa structure socio-économique. Et par le fait même provoque une croissance de ses besoins en énergie et ressources. De plus, le civilisationisme est affecté par le principe des retours décroissants. Chaque nouvelle «solution» requière une complexification de sa mécanique encore plus grande. Passé un certain seuil, quand le retour devient négatif, dépendant des ressources énergétiques (aliments, bois de feu, etc.), la bête ideuse est condamnée à imploser à la première crise venue. S'était vrai pour Sumer, s'était vrai pour Rome et c'est encore vrai pour la présente entité.

À l'intension des technologistes: La technologie est ici le problème et non la solution. Toute technologie requière une infrastructure et le maintient de cette infrastructure requière de l'énergie et des ressources... Et sans cette énergie et ces ressources dans les quantités requises... pouf! La technologie qui en dépend disparait et les gens qui en dépendent avec elle.

La troisième vague

Bonjour,Je suis asez d'accord avec votre article et vos commentaires.
Ce n'est pas à mes yeux un facteur qui entraîne un autre , mais tout se passe de façon concommitente et systémique l'un aggravant l'autre.
Il est évident que le gigantisme, la concentration, la spécialisation, la massification (les mamelles de l'industrialisation) ne pourront pas être maintenues sans croissance de production d'énergie non renouvelables.
Les énergies renouvelables étant au départ distribuées, nous aurons besoin du contraire, décentralisation, adaptativité, diversité etc...
Tout cela est indiqué dans le très bon livre du futurologue Alvin Toffler La Troisième Vague (1980) qui étend ses tantacules à travers la planète entière.
Dans ce livre il est question de prosommation au lieu de consommation, de division de la décision, de démocratie semi direct etc...
A lire sans ménagements!!!